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Les signes d'une tentative d'arnaque informatique

La réponse courte : une arnaque informatique combine presque toujours l'urgence, la peur ou l'appât du gain, et une demande d'action immédiate — un code, un paiement, un accès à votre écran. Aucun organisme sérieux ne fonctionne comme ça. Dans le doute, raccrochez et rappelez vous-même le numéro officiel.

Publié le 18 août 2026 · par Karim De Lucia, KDL TECH (Les Abymes, Guadeloupe) · mis à jour le 18 août 2026

Les cinq signaux d'alerte

1. On vous met sous pression. « Votre compte sera bloqué dans 24 heures », « votre ordinateur est infecté, ne l'éteignez surtout pas », « il faut régler maintenant ». L'urgence sert à vous empêcher de réfléchir et de vérifier. Une administration ou une banque vous laisse toujours le temps de rappeler.

2. On vous demande un code reçu par SMS. C'est le signal le plus fiable de tous. Ce code est la clé de votre compte ou de votre paiement. Personne — ni votre banque, ni un technicien, ni un service client — n'a de raison légitime de vous le demander. Quiconque le réclame cherche à valider une opération à votre place.

3. On veut prendre la main sur votre écran sans que vous l'ayez demandé. Une prise en main à distance est un outil normal du dépannage, mais c'est vous qui la déclenchez, auprès de quelqu'un que vous avez choisi et rappelé. Un appel entrant qui vous fait installer un logiciel de contrôle est une arnaque, sans exception.

4. Le moyen de paiement est inhabituel. Cartes prépayées, bons d'achat, virement vers un particulier, cryptomonnaie : ce sont des paiements irréversibles et intraçables. Aucun service légitime ne se fait payer ainsi.

5. L'adresse ne correspond pas. Avant de cliquer, regardez l'adresse réelle du lien (en la survolant sur ordinateur, en appuyant longuement sur téléphone) et l'adresse complète de l'expéditeur. Les fausses adresses imitent la vraie : un tiret en plus, une extension différente, un nom de marque suivi d'un domaine qui n'a rien à voir.

Les formes les plus courantes en ce moment

Le faux support technique. Une fenêtre d'alarme bloque le navigateur, avec un numéro à appeler « de toute urgence ». La page est un simple site web, l'ordinateur n'est pas infecté. Fermez le navigateur — au besoin en forçant sa fermeture — et n'appelez jamais le numéro affiché.

Le faux SMS de livraison. Un colis serait bloqué, il faudrait régler quelques centimes de frais. Le but n'est pas ce petit montant, c'est de récupérer votre numéro de carte. Vérifiez toujours le suivi depuis le site du transporteur, jamais depuis le lien du message.

Le faux message d'un proche. « Maman, j'ai changé de numéro, je n'arrive plus à payer, tu peux avancer ? » Le réflexe qui coupe court : appelez la personne sur son ancien numéro, ou posez une question dont seul le vrai proche connaît la réponse.

Le faux courriel administratif. Remboursement d'impôts, mutuelle, amende, aide sociale. Même règle : n'utilisez jamais le lien du message ; tapez vous-même l'adresse du site officiel, ou passez par votre application habituelle.

Ce que ces messages ne peuvent pas faire

Recevoir un message frauduleux n'infecte pas votre appareil. Ouvrir un courriel non plus, dans l'immense majorité des cas. Le danger vient de ce que vous faites ensuite : cliquer, saisir un identifiant, ouvrir une pièce jointe, installer un logiciel, communiquer un code. Tant que vous n'avez rien fait de tout cela, il suffit de supprimer le message.

Vous avez déjà cliqué ou payé : la conduite à tenir

D'abord, ne culpabilisez pas : ces messages sont conçus pour tromper des gens attentifs. Agissez dans cet ordre.

Si vous avez donné un numéro de carte ou effectué un paiement : appelez immédiatement votre banque pour faire opposition, puis contestez l'opération. Plus c'est rapide, plus les chances d'annulation sont élevées.

Si vous avez saisi un mot de passe : changez-le tout de suite sur le vrai site, ainsi que sur tout autre compte où vous utilisiez le même. Activez la validation en deux étapes là où c'est possible.

Si vous avez laissé quelqu'un prendre la main sur votre ordinateur : débranchez-le d'Internet, ne l'utilisez plus pour vos comptes bancaires et faites-le vérifier. Considérez que tous les mots de passe enregistrés dans le navigateur sont compromis et changez-les depuis un autre appareil.

Vous pouvez signaler les tentatives sur les dispositifs publics français : le service cybermalveillance.gouv.fr pour être orienté, la plateforme internet-signalement.gouv.fr pour signaler, et le 33 700 pour transférer un SMS frauduleux. Le dépôt de plainte reste possible en gendarmerie ou en commissariat.

Un doute sur un message, ou une machine sur laquelle quelqu'un a pris la main ? Nous vérifions l'appareil et sécurisons les comptes, à domicile ou à distance. Voir aussi : sécurité informatique en Guadeloupe.

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